Par le P. Fidèle Koeta
Les paroles de Jésus traversent les siècles avec une force intacte. Parmi elles, ce triple appel de Jésus résonne comme un refrain libérateur : « Ne craignez pas ». Dans un monde saturé d’inquiétudes, d’incertitudes et de pressions, ces mots sont une révélation : celle du regard de Dieu posé sur chacun de nous. Dans Matthieu 10, 26‑33, Jésus parle à des disciples envoyés en mission dans un environnement hostile. Il ne leur promet pas la facilité. Il ne minimise pas les risques. Mais il leur révèle pourquoi la peur dans notre vie chrétienne n’a pas le dernier mot.
Ne craignez pas… parce que la vérité finit toujours par éclater. Jésus commence par dire : « Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé ». La peur naît souvent de ce qui est caché : les intentions des autres, l’avenir, les zones d’ombre de nos vies. Jésus affirme que Dieu est le Maître de l’histoire, et que la lumière aura toujours le dernier mot. Ce n’est pas un appel à l’imprudence, mais à la confiance : Dieu conduit ce qui nous dépasse.
Ne craignez pas… ceux qui ne peuvent tuer que le corps. C’est l’une des paroles les plus radicales de l’Évangile. Jésus ne nie pas la souffrance, ni les menaces, ni les oppositions. La peur des autres, leur jugement, leur regard, leur pouvoir, peuvent paralyser. Jésus nous invite à une liberté intérieure qui vient de Dieu seul : la liberté de vivre debout, même au milieu des incompréhensions, des critiques, des tempêtes pour mener le combat de la vie chrétienne.
Ne craignez pas… car vous avez du prix aux yeux de Dieu. C’est le cœur du passage. Jésus parle des moineaux, de ces petits oiseaux insignifiants aux yeux du monde. Et il affirme que pas un seul ne tombe sans que le Père ne le sache. Puis il ajoute : « Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux ». Oui, Dieu nous connaît, Dieu nous voit, Dieu nous accompagne et nous porte. La peur se dissout quand on découvre que l’on est aimé personnellement, infiniment, par un Dieu qui veille sur chaque détail de notre existence. Et cela appelle à une mission et à confesser le Christ sans crainte.
Alors, confessons le Christ sans crainte. Jésus termine en appelant ses disciples à le reconnaître devant les hommes par amour. Il nous propose une autre logique : celle de la confiance, de la vérité, de la liberté intérieure et de la certitude d’être aimé. Alors, aujourd’hui encore, sa voix rejoint chacune, chacun de nous : « Ne crains pas ».
Dieu nous précède où s’ouvrent pour certains la route des vacances et pour d’autres les horizons d’une nouvelle mission ici ou ailleurs. L’ensemble des paroisses de Rueil Malmaison est appelé à rayonner par sa fidélité, sa simplicité et son accueil dans une écoute offerte, un service discret, une prière fidèle. La vie chrétienne prend racine dans la vie ordinaire. Elle s’enracine dans la patience, la confiance, et surtout dans l’Espérance.






