Par le P. Antoine Vairon
Que de « conclusions d’année » en ce mois de juin. Forcément le temps de regarder par-dessus son épaule, personnellement ou en équipe, sur les mois écoulés, l’action menée.
Or, deux approches s’offrent à nous, qui n’ont pas la même saveur : le bilan ou la relecture.
Le bilan fait le compte de ce qui a été réalisé. Il revêt une rigueur et un réalisme qui ont leurs qualités propres, qui sont le signe d’un regard lucide. Le bilan compare les objectifs fixés au départ et les résultats obtenus, les orientations annoncées et les points d’arrivée. Il s’accompagne de questions qui permettent de tirer des enseignements concrets pour la suite : Qu’avons-nous accompli ensemble ? Qu’est-ce qui a bien marché, et pourquoi ? Qu’avons-nous raté, ou mal anticipé ? Quels ont été les moments clés de l’année ou du projet ? Qu’avons-nous appris en travaillant ensemble ? Comment la collaboration a-t-elle fonctionné ? Qu’est-ce qu’il faudrait améliorer concrètement ? Quel impact avons-nous eu sur les personnes concernées ? Et quelle a été ma part dans tout cela ? Comment se sont déroulées mes relations ?
Le bilan s’attache à regarder les fonctionnements et il permet bien des améliorations à venir.
La relecture, elle, s’intéresse à ce qui a été vécu, même à travers l’imprévu, l’inachevé, les tensions ou les difficultés. Elle s’ouvre en relecture spirituelle qui, elle, ne s’arrête pas aux faits : elle cherche à discerner ce qui a été vécu intérieurement, ce qui a donné la vie et ce qui a éloigné de l’essentiel. Et elle scrute davantage les traces de Dieu dans les événements et les rencontres. Son passage.
Ses questions typiques sont plutôt : Qu’est-ce qui nous a été donné à vivre, même à travers l’inattendu ? Où en suis-je de ma relation à Dieu, aux autres et à moi-même ? Qu’est-ce qui nous a fait grandir collectivement, et moi personnellement, intérieurement ? Qu’ai-je reçu comme grâce, consolation ou appel ? Qu’est-ce qui a obscurci ma liberté ou ma paix ? De quoi ai-je besoin de demander pardon ? Qu’est-ce que je veux remettre entre les mains de Dieu ? Pour quoi voulons-nous rendre grâce ? Où ai-je perçu une présence, une direction, une fécondité spirituelle ?
Sa logique est davantage celle du discernement, de la gratitude et de l’orientation du cœur.
Puissions-nous, à travers ces deux approches, seul ou en équipe, nous réjouir de l’œuvre accomplie, mais aussi goûter ce que le Seigneur nous a dévoilé et a réalisé en nous et par nous.






