Par le P. A. Masini
Entre l’Ascension et la Pentecôte, il y a comme un vide… ou plutôt un espace.
Jésus n’est plus visible, il est retourné vers le Père, et les disciples pourraient rester là, figés, à regarder le ciel. Pourtant, dans les Actes des Apôtres, deux hommes les réveillent : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » (Ac 1,11).
La question nous est posée aujourd’hui.
Car ce temps entre le départ du Christ et le don de l’Esprit n’est pas un temps mort. C’est un temps de préparation, de tension, de mise en route. L’Évangile de ce dimanche (Jn 17) nous fait entendre la prière de Jésus : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. » Les chrétiens ne sont pas hors du monde : ils sont envoyés dans le monde.
C’est exactement ce que rappelle le magistère. Lumen Gentium affirme que les baptisés ont pour mission de « chercher le Royaume de Dieu à travers la gestion des réalités temporelles ». Autrement dit : notre foi se joue dans le concret de nos vies — études, travail, relations, engagements.
Et Evangelii Gaudium nous bouscule encore davantage : le chrétien ne peut pas être « en mode spectateur ». Il est appelé à être un disciple-missionnaire, quelqu’un qui agit, qui prend des initiatives, qui annonce par sa vie.
Alors oui, nous attendons l’Esprit Saint. Mais cette attente n’est pas passive. Comme les apôtres réunis au Cénacle, nous prions, mais nous nous tenons prêts. Prêts à sortir, prêts à oser, prêts à témoigner. Pour les jeunes comme pour les adultes, le message est clair : la foi n’est pas une pause dans la vie, c’est un moteur. Le Christ est monté vers le Père, mais il nous fait confiance pour continuer son œuvre. Ne restons pas à regarder vers le ciel. Le ciel nous attend — mais en attendant, c’est sur terre que tout se joue.






