Par le P. Elom Gayibor
Aujourd’hui est jour de fête ! Aujourd’hui, l’Église célèbre dans une même fête la gloire de tous les saints. Réjouissons-nous en contemplant la multitude de tous ces frères qui intercèdent pour nous.[1] Demain, au lendemain de la fête de la Toussaint, « l’Église nous invite à prier pour nos frères et sœurs qui sont morts dans l’espérance de la résurrection »[2]. Ces deux célébrations sont à la fois distinctes et profondément liées.
Prier pour les morts est une tradition très ancienne de l’Église. Dans la bible, le livre des Martyrs d’Israël (cf Maccabées 12, 38-46) rapporte déjà la collecte organisée par Judas Macabbé et ses frères pour offrir des sacrifices en faveur des soldats morts au combat en état manifeste de péché d’idolâtrie. La mémoire liturgique pour les morts apparait au Xe siècle à Cluny avant d’être étendue à toute l’Église.
Mais revenons à la fête de la Toussaint. Elle nous rappelle notre destinée finale ; ce à quoi nous sommes appelés : la sainteté ! Et elle nous invite à vivre dès ici et maintenant à la hauteur de cette vocation sainte. L’exemple de nos frères les saints, nous y encourage.
En célébrant la multitude des saints qui nous ont précédés dans la gloire de la vie éternelle, comment ne pas penser aux autres défunts. Tous ceux qui ne sont pas officiellement canonisés, mais qui sont si chers à nos cœurs ? Ceux de notre famille, nos amis qui ont quitté cette vie terrestre, etc. Nous rejoignons ainsi l’intuition de l’abbé de Cluny qui priait pour ses moines défunts au lendemain de la fête de Toussaint.
Prier pour les défunts ; voilà une authentique manifestation de l’espérance chrétienne. Car les défunts n’ont pas « disparu » comme on l’entend dire parfois, mais ils sont entrés dans une nouvelle forme de vie. S’il est vrai qu’ils ont quitté cette vie terrestre et qu’ils ne sont plus désormais accessibles à nos yeux et à notre affection, nous savons par la foi qu’ils sont entrés dans la vie de Dieu. Dans cette éternité divine, nous espérons qu’ils sont déjà entrés dans la plénitude de la joie et de la communion avec Dieu. Mais s’il y restait en eux quoi que ce soit à purifier pour entrer dans cette communion, alors nous implorons Dieu, dans son infinie miséricorde, de parachever ce processus de purgation, pour que tous nos défunts contemplent enfin en plénitude la bonté, la douceur et la lumière de son Visage. Voilà le sens de la prière que nous ferons demain soir aux différentes messes pour les défunts ; voilà le sens de notre prière cet après-midi dans les cimetières de Rueil. Dans l’Espérance, nous avons été sauvés (Rm 8,24).[3]
[1] Cf. Prière d’ouverture de la Messe de la Toussaint
[2] Missel Romain, propre des saints, au 2 novembre : Notice de présentation de la « Commémoration de tous les Fidèles défunts »
[3] Sauvés dans l’Espérance, Lettre encyclique du pape Benoit XVI, sur l’Espérance chrétienne







