Par le P. Arthur Masini
À l’approche de la Pâque, le cinquième dimanche de Carême nous fait entendre le récit de la résurrection de Lazare de Béthanie (Jn 11). Cet épisode s’inscrit dans un moment décisif du ministère de Jésus-Christ. Nous sommes en Béthanie, à quelques kilomètres de Jérusalem, là où les tensions entre Jésus et les autorités religieuses sont déjà à leur comble. Ce signe, le dernier et le plus éclatant dans l’Évangile selon saint Jean, va précipiter la décision de le faire mourir.
Dans le contexte du Ier siècle, la mort est perçue comme une réalité irréversible, marquée par la séparation définitive. Lorsque Jésus arrive, Lazare est au tombeau depuis quatre jours : il n’y a plus d’espoir humain. C’est précisément dans cette situation extrême que Jésus agit. En appelant Lazare hors du tombeau, il ne réalise pas seulement un geste de compassion envers une famille éprouvée ; il pose un acte prophétique qui annonce sa propre résurrection et révèle que la vie de Dieu est plus forte que toute mort.
Mais ce récit ne concerne pas seulement un événement du passé. Il éclaire notre foi aujourd’hui. Nous aussi, nous connaissons des formes de mort : épreuves, découragements, péchés, situations sans issue. Comme Lazare, nous pouvons nous sentir enfermés, liés, incapables de nous relever par nous-mêmes.
Or, la parole du Christ continue de retentir : « Viens dehors ! ».
Elle est une invitation à sortir de nos enfermements, à croire que rien n’est définitivement perdu. Enfin, ce texte nous rappelle que la foi chrétienne n’est pas d’abord une idée, mais une rencontre avec une personne vivante. Croire en Jésus, c’est déjà entrer dans une vie nouvelle, dès maintenant.
À quelques jours de Pâques, ce récit nous appelle à raviver notre espérance : le Christ ne vient pas seulement consoler nos peines, il vient nous arracher à tout ce qui nous enferme pour nous conduire à la vraie vie.







