Par le P. Jean-Louis Rouvière
Ce week-end et le week-end suivant, sont organisées les élections municipales dans toutes les villes de France. Il est important de rappeler à tous que la participation à ce scrutin est un devoir non seulement en tant que citoyen, mais également en tant que chrétien.
Un jour, un scout d’une vingtaine d’années (non habitant à Rueil-Malmaison, je vous rassure) me demandait, faisant montre d’un mélange de provocation et de maturité encore en développement, pourquoi cela relevait de notre devoir de chrétien de participer aux élections et d’aller voter. Je lui rappelais l’obligation générale à nous chrétiens de participer à la vie publique de notre pays.
Est-il réellement besoin de justifier cette affirmation ? Nous pourrions rappeler les invitations de l’évangile à obéir aux institutions : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Mc 12,17 et parallèles en Mt 22 et Lc 20). Même si Jésus parle d’abord d’impôts ici, pour César, et aussi (et surtout) de prière et de culte pour Dieu, il est évident qu’une leçon peut être tirée dans l’invitation à la bonne participation aux affaires publiques. Cet enseignement est rappelé dans les lettres de saint Paul qui invite par exemple les Romains et les autres destinataires à se « [soumettre] aux autorités supérieures : il n’y a d’autorité qu’en dépendance de Dieu, et celles qui existent sont établies sous cette dépendance » (Rm 13,1). D’autres passages renvoient à la même soumission au politique (p. ex. Tt 3,1), car toute autorité humaine reçoit sa légitimité de Dieu (cf. Jésus face à Pilate, Jn 19,11).
La conférence des évêques de France nous rappelle la nécessité et la beauté du politique : « S’occuper de politique peut paraître surprenant de la part d’une Église qui affirme son autonomie avec la communauté politique (Vatican II, Gaudium et Spes 76-3). Pour autant, l’Église a toujours valorisé le champ politique qu’elle considère comme « le champ de la plus vaste charité, la charité politique » (Pie XI). Elle affirme, en effet, que le politique est indispensable à la réalisation du bien commun auquel la société civile, dans ses différentes composantes, ne peut parvenir seule.
C’est donc le droit et le devoir de chacun de participer à la vie politique. Et aucun motif – pas même les accusations de corruption, luttes de pouvoir, compromission – ne saurait justifier le désintérêt des chrétiens à l’égard de la politique (Jean Paul II). C’est un appel à la responsabilité qui est lancé pour, non seulement dénoncer les problèmes, mais également pour s’engager avec d’autres à analyser les situations, discerner les enjeux, proposer des pistes d’actions concrètes. » (site https://eglise.catholique.fr )
Enfin, cette participation est visée explicitement dans l’encyclique Pacem in Terris de Jean XIII (1963), citée dans le compendium pour la doctrine sociale de l’Église (n°190) : « La participation à la vie communautaire n’est pas seulement une des plus grandes aspirations du citoyen, appelé à exercer librement et de façon responsable son rôle civique avec et pour les autres, mais c’est aussi un des piliers de toutes les institutions démocratiques »
Alors, ce week-end et le suivant, que ce soit avant ou après la messe, n’oubliez pas d’aller voter !






