Par le P. Baudoin Tournemine
Instituant la Journée Mondiale du malade dans la proximité de la fête de Notre-Dame de Lourdes
(11 février), Saint Jean Paul II écrivait : « L’Eglise, à l’exemple du Christ, a toujours reconnu au fil des siècles le devoir de servir les malades et les souffrants comme partie intégrante de sa mission. »
Lettre du 13 mai 1992. Ainsi – dit le Rituel des sacrements – l’Eglise manifeste sa sollicitude envers les malades quand elle refait leurs forces par la prière, la visite, les sacrements. En effet, la maladie ou le handicap fragilise la totalité de la personne atteinte – son corps, son esprit, son âme – au point de pouvoir la conduire au désespoir.
Le Christ, vers qui nous nous tournons, a fait lui-même l’expérience de la souffrance tant spirituelle que corporelle et nous croyons (épitre aux Hébreux 2, 18) qu’Il est capable de porter secours à ceux qui subissent une telle épreuve, parce que lui-même a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion.
Saint Paul insiste dans l’épitre aux Colossiens (1, 24) « Ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Eglise ».
Que c’est difficile à entendre, à consentir ! Jésus n’a jamais d’explication à la souffrance et au mal ; Il n’a jamais accepté de les attribuer au péché. Aussi, la prière de la messe ose-t-elle demander que les malades se sachent unis au Christ souffrant pour le salut du monde.
Ce dimanche de la santé s’adresse non seulement aux malades, mais aussi aux soignants, aux familles, aux visiteurs. La santé est une épreuve de vérité pour la fraternité dans une communauté : qui est mon prochain ? de qui je me rends proche ?
La maladie devient un enjeu spirituel puisque notre foi dans l’Incarnation nous révèle que tout ce qui touche au corps touche à la relation avec Dieu et les autres. Passée la compassion ou la sympathie, les gens ne savent plus quoi dire… et le sentiment de solitude s’accroît.
La seule présence peut être un cadeau, nul besoin de parler forcément. Une visite peut se transfigurer en visitation, car visiter en vérité implique de laisser l’autre mettre ses propres mots sur ses souffrances et ses inquiétudes. Une pastorale, une attitude chrétienne invitent à se mettre à la hauteur de l’autre, à l’image du Fils s’abaissant jusqu’à la croix. Les visiteurs en Ephad l’apprennent dans leur formation continue :
- Ne pas résumer l’autre à sa maladie.
- Ne pas avoir peur du silence.
- Ne pas interpréter les mots pour réagir.
- Laisser résonner avant de raisonner !
- Passer du pourquoi au : pour … quoi ?
Bref, prions, apprenons, approchons le pauvre, préparons-le aux sacrements, qui aident à vivre saintement la maladie. Avec le Créateur, n’acceptons pas que son chef-d’œuvre, que nous sommes, soit blessé sans le soulager.





